Des lasers à profusion, un système de diffusion sonore à 12 canaux, un vieux hangar abandonné, retour sur un concert que je ne suis vraiment pas près d’oublier et qui mérite bien un article malgré que ça ne se passe pas en Bretagne. Ni même en France.

Aphex Twin - photo by Andrzej RubiÅ›
Le 18 et 19 septembre dernier, Aphex Twin a donné deux dates exceptionnelles à Cracovie (Pologne) dans le cadre de Sacrum Profanum, un festival de musique électronique au sens très large du thème, organisé par Arcellor Mittal dans un de ses complexes sidérurgiques.
Complexe ayant fait travailler jusqu’à 40 000 personnes durant les heures de gloire du communisme et n’en faisant travailler plus que 8 000 à l’heure du capitalisme et de l’économie de marché. Autant dire que des hangars inutilisés, ce n’est vraiment pas ce qui manque.
Et ça tombe vraiment bien puisque les organisateurs ont eu la bonne idée d’organiser cette petite sauterie en plein milieu du complexe, dans un ancien haut-fourneau! Rien que ça!

Photo by Anna Spysz ( http://www.flickr.com/photos/fakeplasticgirl/)
L’arrivée à l’entrée du complexe vaut déjà le détour. Vieux tramway, architecture toute droite sortie des manuels communistes et l’équipe de nuit qui arrive en même temps.À quelques détails près, on se croirait revenu 20 ou 30 ans en arrière au plus profond de l’ère communiste.
Un quart d’heure de bus plus tard au beau milieu du complexe, nous y voilà enfin.
Un hangar immense, majestueusement illuminé, se présente à nous. Des basse énormes en sortent et une légère odeur de suie taquine nos narines. C’est avec un peu d’appréhension que nous nous sommes, engouffrés dedans et là … L’hallucination totale. Des lasers partout. Du vert, du bleu, du rouge, du jaune, … Des mirroirs cachés partout autour pour faire réfléchir les lasers, une installation tout simplement énorme et ahurissante!
Tout juste le temps de voir la fin de Hecker, la première partie, et Richard David James, aka Aphex Twin, prend les commandes.

Aphex Twin - photo by Andrzej RubiÅ›
Et dès le départ, la couleur est annoncée: ça va faire mal.
Une ouverture qui utilise au maximum le système de diffusion à 12 canaux, une utilisation massive des lasers et un set vidéo en accord avec le reste.
Je ne sais pas par contre si l’acoustique vraiment nulle du lieu est à déplorer ou si au contraire elle rajoute une couche à l’ambiance.
Pour ma part, une fois immergé dans le show du maître, je n’y ai pas vraiment prêté plus attention que ça.
Et question show, tout y est passé, de la musique d’ambiance au breakcore en passant par la drum’n'bass et du triturage de sons indéfinissables. Un set hallucinant de maîtrise, d’autant plus qu’il n’a joué quasiment aucun de ses morceaux CD ou vynils. Juste de l’exclusivité et de l’improvisation.

Aphex Twin - photo by Andrzej RubiÅ›
Quand au coté visuel, une immersion totale dans le monde dérangé de cet artiste, des images parfois à la limite du soutenable, autopsie, scatophilie, violence, … À la fois écÅ“urant et captivant.
Silence.
C’est déjà la fin du concert. Tout le monde reste coi, comme si tout le monde venait de voir quelque chose de totalement inimaginable. Les 90 minutes d’hallucinations auditives et sonores sont finies. Les gens se regardent un peu perdus et prennent la direction de la sortie dans un calme à faire froid dans le dos. On entend juste la structure du hangar travailler. Pas un rappel, rien. Rien de la part d’Aphex Twin pour nous sortir de la torpeur dans laquelle il nous a plongé.
Un concert qui restera gravé dans ma mémoire pour un bon moment.
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Aphex Twin – photo by Andrzej RubiÅ›
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Aphex Twin – photo by Andrzej RubiÅ›
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Aphex Twin – photo by Andrzej RubiÅ›
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Aphex Twin – photo by Andrzej RubiÅ›
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Aphex Twin – photo by Andrzej RubiÅ›
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Aphex Twin – photo by PaweÅ‚ Książek
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Aphex Twin – photo by PaweÅ‚ Książek
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Aphex Twin – photo by PaweÅ‚ Książek
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Photo from http://www.flickr.com/photos/fakeplasticgirl/